Débutant 6 min de lecture · 1 309 mots

Les 5 erreurs de mon premier homelab (et ce que je ferais dès le jour 1)

Cinq erreurs bien réelles, une par catégorie : réseau, stockage, mémoire, surveillance, sauvegardes. Rien de dramatique, mais toutes évitables.

Les 5 erreurs de mon premier homelab (et ce que je ferais dès le jour 1)
Débutant · 2026.10.16
Estimated reading time: 6 minutes

Quand j’ai déballé le MS-01, j’avais en tête une liste de services à installer : un Pi-hole, un Nextcloud, un truc de monitoring, peut-être un wiki. Autrement dit, je pensais « applications ». Il m’a fallu quelques semaines (et un ou deux frissons) pour comprendre que ce qui fait un homelab agréable à vivre, ce n’est pas la liste des applications. C’est ce qu’il y a dessous.

Voici les cinq erreurs que j’ai faites, dans l’ordre où elles m’ont rattrapé. Si tu démarres, tu peux les sauter. Et si tu es déjà lancé, tu as peut-être l’une ou l’autre en cours de route, comme moi.

Erreur n°1 : accepter tous les choix par défaut sans les lire

L’installeur de Proxmox te pose peu de questions, et c’est tentant de cliquer « Suivant » jusqu’au bout. Résultat chez moi : un pool ZFS créé d’office sur mon unique NVMe, un nom d’interface réseau dont je n’avais pas compris la logique, un hostname choisi à la va-vite.

Rien de tout ça n’est faux. Le problème, c’est de ne pas savoir ce qu’on a pris. ZFS sur un seul disque, par exemple, ne protège pas contre la panne du disque : ça apporte les snapshots, la détection de corruption et un cache en RAM. C’est très bien, mais ce n’est pas de la redondance, et je l’ai découvert après.

Ce que je ferais maintenant : avant l’installation, je note sur un bout de papier trois décisions : le nom de la machine, le plan d’adresses IP, et le système de fichiers. Dix minutes de réflexion, des mois de tranquillité.

Erreur n°2 : le réseau « on verra plus tard »

Mon réseau est plat : tout est sur le même sous-réseau, parce que mon switch n’est pas manageable et ne sait pas faire de VLAN. Ce n’est pas un drame (j’en ai parlé dans le bilan des six semaines), mais j’aurais dû le décider consciemment au lieu de le subir.

Ce qui fait vraiment perdre du temps, c’est le reste : des IP attribuées au hasard par le DHCP qu’on doit ensuite retrouver, et des noms qui ne correspondent à rien. Chercher quelle machine répond sur quelle adresse, ça ne devrait jamais être une enquête.

Ce que je ferais maintenant :

  • Des IP fixes (ou des réservations DHCP) pour tout ce qui est un serveur.
  • Un petit tableau (même un fichier texte) : nom, IP, rôle.
  • Des noms parlants plutôt que vm-test-3.

Erreur n°3 : allouer la RAM comme si elle était infinie

Mon MS-01 a 32 Go de RAM. Ça paraît énorme. Sauf que j’ai alloué de la mémoire fixe à mes VM (8 Go ici, 4 Go là), puis ajouté les limites des conteneurs LXC, puis oublié que Proxmox lui-même (le noyau, le cache ZFS) a besoin de souffler.

Trois semaines plus tard, la machine commençait à swapper. Pas beaucoup, mais assez pour que les pics de consommation (que je suivais avec une prise mesureuse) ne correspondent plus à l’activité visible.

Ce que je ferais maintenant :

  • Un budget mémoire écrit : « Proxmox + ZFS : X Go, VM : Y Go, LXC : Z Go, marge : 20 %. »
  • Le ballooning activé sur les VM, avec l’agent invité installé.
  • Des LXC plutôt que des VM dès que le service n’a pas besoin de son propre noyau : c’est beaucoup plus économe.

Erreur n°4 : ne rien surveiller (donc ne rien savoir)

C’est celle qui m’a fait le plus mal, et la plus bête. Nextcloud a arrêté de synchroniser pendant 48 heures pour toute la famille. Le service répondait, l’interface s’affichait… mais les envois échouaient en silence. La raison : le disque de données était plein, 0 octet disponible. Personne ne s’en est rendu compte, jusqu’au jour où on a voulu retrouver des photos d’un week-end qui n’avaient jamais été sauvegardées.

Le plus rageant : la correction a pris cinq minutes. C’est le délai de découverte qui a fait le dégât.

Ce que je ferais maintenant : avant le premier service « de famille », une surveillance minimale, avec trois alertes seulement : disque presque plein, machine injoignable, mémoire saturée. Je détaille ça dans un autre article de la série.

Erreur n°5 : sauvegarder… sans jamais restaurer

J’ai installé Proxmox Backup Server, programmé des sauvegardes, vérifié que les tâches passaient au vert. Et j’ai considéré que le sujet était réglé.

Sauf qu’une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée, c’est une hypothèse, pas une sauvegarde. Le jour où tu en as besoin, tu découvres un mot de passe de chiffrement que tu ne retrouves plus, un jeu de données qui n’était pas inclus, ou une procédure que tu n’as jamais testée en conditions réelles.

Ce que je ferais maintenant :

  • Une restauration de test dans le premier mois, sur une VM jetable.
  • La règle du 3-2-1 adaptée à l’échelle maison : trois copies, deux supports différents, une copie hors de chez moi.
  • Les clés et mots de passe de sauvegarde stockés ailleurs que sur la machine qu’ils protègent.

Le point commun des cinq erreurs

En relisant, je me rends compte que ces erreurs ont la même racine : j’ai traité le homelab comme un bac à jouets alors que dès l’instant où ma famille a utilisé Nextcloud, c’est devenu un service. Et un service, ça demande un minimum de sérieux : un plan réseau, un budget de ressources, de la surveillance, des sauvegardes testées.

Ça ne veut pas dire qu’il faut tout transformer en projet pro. Au contraire : tout ce que j’ai listé tient dans une feuille A4 et quelques heures de boulot. Mais c’est du temps à passer au début, pas après la première frayeur.

Ma checklist « jour 1 », en version courte

  1. Décider du système de fichiers et du nom des machines, par écrit.
  2. IP fixes et tableau des machines.
  3. Budget RAM avec marge, ballooning activé.
  4. Trois alertes de base (disque, joignabilité, mémoire).
  5. Première sauvegarde et première restauration de test.

Si tu ne devais retenir qu’une chose : fais la n°5 cette semaine. Elle est la plus facile à repousser et la plus chère quand on ne l’a pas faite.

Et toi, c’était quoi, ta plus belle erreur de débutant ? Je suis sûr que la mienne n’est pas la pire.

Une remarque, un retour ?

Cet article est vivant - corrections, contre-arguments et retours de production sont les bienvenus. Trois canaux, choisis celui qui te convient.

Laisser un commentaire